La pièce de monnaie chinoise est une pièce ronde avec un trou carré en son centre.

Elle est appelée pis bolong en balinais, c’est-à-dire la « pièce trou ».

L’érudit IB. Sidemen affirme que la circulation de cette pièce de monnaie à Bali remonte au 9e siècle. Les premiers Chinois, arrivés à cette époque pour commercer, sont venus avec leur propre devise. Parce qu’on ne fabriquait pas de monnaie d’échange à Bali, leur pis bolong est devenue un instrument de paiement légal et ce, jusqu’au 20e siècle. Il existe plusieurs genres de pièces, pis lumbrah, pis gebogan, pis krinyah, pis koci, pis wadon, etc. Leurs tailles, leurs matières, leurs couleurs et leurs inscriptions nous permettent de les distinguer.

La plus répandue a un diamètre de 2,7 cm. Elle est en alliage de cuivre et d’étain. Elle a quatre inscriptions chinoises au recto et deux au verso. On l’appelle pis lumbrah ou « pièce ordinaire ». La pis lumbang est un peu plus grande avec un diamètre de 2,8 cm. Elle est jaunâtre car faite de bronze. Au recto, on trouve quatre idéogrammes et seulement deux au verso. La pis koci est la plus petite avec un diamètre de seulement 2 cm. Faite de cuivre et d’étain, sa couleur est donc noirâtre. On trouve quatre inscriptions chinoises au recto et rien au verso. Enfin, il y a la pis wadon, qui ressemble à la pis koci, mais possède un diamètre plus grand d’un demi centimètre. Paradoxalement, elles possèdent toutes la même valeur unitaire, dénommée keteng. Une liasse est faite d’un collier de 200 pièces reliées entre elles par une ficelle de bambou. En fait, il manque toujours cinq pièces dans une liasse. Il s’agit d’une convention acceptée par tout le monde. Si par exemple, un objet coûte 1000 keteng, on paiera avec cinq liasses qui font en réalité 975 keteng.

Pendant l’occupation hollandaise, de 1884 à 1942, les nouveaux maîtres de Bali sont eux aussi venus avec leur monnaie. Bien entendu, ils ont tenté de bloquer la circulation des pièces chinoises, mais sans résultat… Alors, les deux monnaies ont coexisté avec le taux de change suivant : un peser valait 3 keteng, un cent valait 6 keteng, un bengol valait 15 keteng, un ketip valait 66 keteng, un talen valait 160 keteng, etc. Les Japonais ne sont pas restés longtemps, de 1942 à 1945, et n’étaient pas gênés par l’existence des pièces chinoises. Ce n’est qu’à partir de l’apparition de la roupie indonésienne dans les années cinquante que les pièces chinoises ont perdu leur valeur commerciale, comme les pièces hollandaises, retirées par le gouvernement batave après son départ. Les pièces de l’Empire du Milieu elles, sont restées sur place et ont poursuivi leur curieux destin en terre balinaise, devenant un objet culturel et religieux…

Comme vous le savez bien, à Bali, nous confectionnons très souvent des offrandes. Certains d’entre nous aiment à les compléter de ces pièces chinoises, comme sesari, ou « essence d’offrande ». D’autres les utilisent pour les jeter dans le feu des crémations ou dans l’eau. Ce qui fait que nous avons toujours besoin de ces pièces… D’autres encore, artistes ou artisans s’en servent pour confectionner des salang, des tamiang ou même des statues. Salang et tamiang sont des objets décoratifs religieux, mais la forme du premier est rectangulaire, 40 cm par 10 cm, alors que le second est un disque de 10 a 20 cm de diamètre. Ils sont faits de ces pis bolong attachées entre elles et servent de décors de cérémonies. Ils sont suspendus sous les toits en nombre pair à droite et à gauche de l’autel. Enfin, dans les galeries de Mas, vous trouverez de nombreuses statues faites de pièces chinoises.

Nous voici donc face à un paradoxe. Avec le temps, le nombre de nos cérémonies augmente et nous avons de plus en plus besoin d’une pièce de monnaie qui n’a plus cours ! Nous nous sommes donc mis à en fabriquer pour couvrir nos besoins sans cesse grandissants. Il est de toute façon curieux de constater que ces pièces ne sont plus considérées depuis longtemps comme un simple instrument d’échange commercial. Ce n’est pas leur nombre ou leur accumulation qui comptent aujourd’hui mais leur pouvoir magique. Elles servent de talisman et possèdent désormais les noms suivants : pis Arjuna, pis Bima, pis Krishna, etc. Conformément aux grandes figures du Mahabharata. Arjuna est connu pour être un grand séducteur qui a beaucoup de conquêtes féminines. Alors si vous avez une pis Arjuna, il sera facile pour vous de draguer les filles. Quant à Bima, c’est un grand costaud. Si vous gardez une pis Bima avec vous, aucun doute que ça vous rendra fort comme lui !

Par Made Suradiya, pour Bali Gazette

 

Ce pendentif créé par Ketut est en argent 925.

La couleur du cordon en suédine est au choix.

 

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